Fiscalité

Taxe foncière 2025 : comment la calculer et la déduire de vos revenus locatifs ?

Tout sur la taxe foncière pour les investisseurs immobiliers : calcul, hausse 2024-2025, déductibilité selon le régime fiscal (nu, LMNP, SCI). Guide complet.

15 octobre 2025·5 min read
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La taxe foncière est l'une des charges les plus significatives pour les propriétaires bailleurs, et l'une des moins bien comprises. Après les hausses importantes de 2023-2024 dans de nombreuses communes, voici un guide complet pour comprendre son calcul et savoir comment la déduire - selon votre régime fiscal.

⚠️ Avertissement fiscal : Les règles fiscales évoluent. Ce guide présente les principes en vigueur en 2025. Consultez un expert-comptable ou conseiller fiscal pour votre situation.

Comment est calculée la taxe foncière ?

La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est calculée sur la base de la valeur locative cadastrale de votre bien, multipliée par les taux votés par les collectivités locales (commune + EPCI + département).

Formule simplifiée : Taxe foncière = Valeur locative cadastrale × 50% × Taux communal

La valeur locative cadastrale est une valeur théorique, souvent largement inférieure aux loyers réels du marché. Elle est revalorisée chaque année par un coefficient national (4,9% en 2024).

📍 Paris spécifique : La ville de Paris a voté une hausse de 51,9% de son taux en 2023, faisant exploser les taxe foncières parisiennes. Un T2 à Paris paie désormais 1 500 à 2 500€/an selon l'arrondissement.

Les hausses de taxe foncière 2023-2024

VilleHausse 2023-2024
Paris+52%
Grenoble+25%
Brest+21%
Angers+15%
Montpellier+10%
Lyonstable
Bordeaux+3%

Ces hausses impactent directement la rentabilité des investissements locatifs. Un bien acheté en 2019 avec une taxe foncière de 800€/an peut désormais être taxé à 1 200-1 500€/an dans ces communes.

Qui doit payer la taxe foncière ?

La taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier de l'année d'imposition - même si le bien est vendu en cours d'année. En pratique, les actes notariés prévoient généralement un remboursement prorata temporis au vendeur.

Le locataire ne paye pas la taxe foncière - contrairement à la taxe d'habitation (désormais supprimée pour les résidences principales). La taxe foncière reste exclusivement à la charge du propriétaire.

Déductibilité selon votre régime fiscal

C'est là que ça devient stratégique. La déductibilité de la taxe foncière dépend entièrement de votre régime fiscal.

Location nue - Régime réel

En régime réel (nu), la taxe foncière est intégralement déductible des revenus fonciers. Elle vient s'ajouter aux autres charges déductibles :

  • Intérêts d'emprunt
  • Charges de copropriété (quote-part non récupérable)
  • Primes d'assurance PNO et GLI
  • Frais de gestion et honoraires
  • Travaux d'entretien et de réparation (pas de construction)

Exemple : Loyer annuel 10 000€ - Charges (intérêts, copro, assurances) 4 000€ - Taxe foncière 1 200€ → Revenu net imposable : 4 800€

Location nue - Micro-foncier (abattement 30%)

Au micro-foncier, vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 30% sans justificatif. La taxe foncière n'est pas déductible séparément - elle est censée être couverte par l'abattement.

Intérêt du micro-foncier uniquement si vos charges réelles (taxe + intérêts + assurances + copro) représentent moins de 30% de vos loyers.

LMNP Réel

En LMNP réel (meublé), la taxe foncière est également déductible du bénéfice BIC. Elle s'ajoute aux charges déductibles et à l'amortissement du bien.

SCI à l'IS

La taxe foncière est déductible du résultat imposable à l'IS. Elle réduit le bénéfice imposé au taux de 15% (jusqu'à 42 500€).

Micro-BIC (meublé)

Comme le micro-foncier, le micro-BIC applique un abattement forfaitaire (50%) couvrant toutes les charges. La taxe foncière n'est pas déductible en plus.

Peut-on récupérer la taxe foncière sur le locataire ?

Non, la taxe foncière n'est pas une charge récupérable sur le locataire, contrairement aux charges de copropriété qui peuvent l'être partiellement. La liste des charges récupérables est fixée par le décret n°87-713 du 26 août 1987 - la taxe foncière n'y figure pas.

Seule exception : les baux commerciaux peuvent prévoir une clause de refacturation de la taxe foncière au locataire commercial. C'est interdit dans les baux d'habitation (nus ou meublés).

Stratégie : quand passer au régime réel ?

La taxe foncière est un argument de plus pour opter pour le régime réel dès que vos charges dépassent l'abattement forfaitaire.

Cas typique où le réel devient intéressant :

  • Loyers annuels : 12 000€
  • Taxe foncière : 1 400€
  • Intérêts crédit : 3 500€
  • Copro + assurances : 2 200€
  • Total charges réelles : 7 100€ = 59% des loyers

L'abattement micro-foncier de 30% ne couvre que 3 600€. Le régime réel permet de déduire 7 100€, soit une économie fiscale supplémentaire de 3 500€ × votre TMI.


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